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  LES OUBLIES DU TRAIN
Anne-Romaine Favre
 
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Chassés de chez eux suite au conflit du Haut-Karabagh, certains Azéris se sont réfugiés dans des wagons de trains désaffectés. Oubliés de tous, ils attendent un hypothétique retour.

Riche en ressources pétrolières, l’Azerbaïdjan souffre pourtant de grandes disparités sociales, notamment liées à l’existence de réfugiés internes, victimes du conflit du Haut-Karabagh. Entre 1992 et 1994, l’Azerbaïdjan a en effet perdu le contrôle de 20% de son territoire conquis par l’Arménie. Près d’un million de personnes ont dû quitter leur maison, leur travail, devenant ainsi des déplacés internes. Aujourd’hui 135'000 personnes vivent dans des conditions plus que sommaires, sous tentes ou dans des baraquements de fortune. Certains d’entre eux se sont même installés dans des wagons marchandises souvent insalubres. Pourtant leurs habitants ne souhaitent pas quitter ces lieux pour des logements plus viables, espérant toujours qu’une locomotive viendra les ramener chez eux.
Dans cette attente, les Azéris ont aménagé leurs wagons, afin de les rendre plus habitables. Certains se sont construit quatre murs de terre à l’intérieur du wagon pour se protéger des températures hivernales qui peuvent descendre jusqu’à moins 30 degrés. Au contraire, durant l’été, sous le poids écrasant des 40 degrés à l’intérieur, les habitants trouvent refuge à l’ombre du seul arbre planté dans ce lieu désertique ou préfèrent installer leur lit sous leur wagon.

Les conditions de vie sont rudes, mais les réfugiés ne se laissent pas abattre. Les femmes souvent seules s’investissent beaucoup dans la vie communautaire. Bon nombre d’hommes ont en effet quitté leur famille pour se rendre en  Russie où ils espèrent reconstruire leur vie. Ceux qui sont restés souffrent de ne plus pouvoir exercer leur métier. Depuis plus de dix ans, qu’ils soient agriculteurs, menuisiers, médecins ou professeurs, ils n’ont pas la possibilité de travailler faute de moyens. Sans livres il est difficile d’enseigner et que faire sans médicaments ? Seuls les agriculteurs tentent à leur manière de résister en plantant entre les voies de chemin de fer un petit jardin de fleurs. Quelques graines et pourtant tout un symbole de l’espoir que mettent ces « oubliés du train » à regagner un jour leur terre.

pour en savoir plus :
http://www.aidh.org/Refug/index.htm

source:
http://www.colisee.org/article.php?id_article=525